Corée du Sud et politique de censure sur le net

Peu d’informations aujourd’hui. Mais un article du New York Times a attiré notre attention… En Corée du Sud, la liberté d’expression n’est pas forcément de mise… un article un peu long en deux parties, mais qui vaudra le coup d’attendre!

 

Corée du Sud et politique de censure sur le net

@Jean Chung for The International Herald Tribune – Park Kyung-sin

Seoul, Corée du Sud – Un opposant au gouvernement a eu la surprise de trouver, après avoir affublé le président d’un petit titre un peu moins sympathique, il est vrai, qu’un simple « Monsieur », son compte Twitter bloqué. Un militant tweetant ses sympathies envers une base navale très controversée fut accusé de diffamation criminelle par les forces navales. Et un juge qui écrivit que le président (« sa splendeur ») n’était de sortie que pour « remettre les pendules à l’heure » (pour rester poli) des internautes ayant osé braver son autorité, fut renvoyé en guise de représailles.

Une telle répression de la liberté sur internet ne passerait pas inaperçu, mais ne surprendrait pas non plus si nous étions en Chine, avec ses armées de censeurs naviguant sur la toile. Mais ces petites actions « légèrement » en dehors des lignes se sont bel et bien produites en Corée du Sud, là où la démocratie fleurit comme un arbre au printemps avec l’une des sociétés les plus branchées au monde.

Une situation que l’on pourrait relier au moins en partie à la lutte de la Corée du Sud pour réussir les contradictions d’embrasser impatiemment le web comme l’une des voies à suivre pour rattraper les plus grandes économies mondiales, tout en s’accrochant à un passé patriarcal et, sommes toutes, quelque peu puritain. Dans une nation si menacée par Lady Gaga, qu’elle empêche les fans de moins de 18 ans de participer à un concert, la pensée des opportunités illimités pour les internautes de jurer en public, de regarder du contenu pornographique illégal et de défier l’autorité, s’est montré très attirante.

Les opposants du gouvernement Lee Myung-Bak  s’accordent à dire que la lutte conservatrice du parti en place est la principale raison de la répression sur internet

Et ce n’est pas la première fois que le gouvernement est accusé de comportements… tendancieux! Deux anciens proches du corps présidentiel ainsi que d’autres officiels sont actuellement en procès sous la charge de « surveillance illégale de citoyens ».

Le grignotage de libertés si durement acquises est particulièrement troublant, expliquent les militants, car le média social est devenu le nouveau lieu de déclenchement des rébellions, remplaçant les batailles de rue des années 1980, qui mis fin à des décennies de dictature.

« Les nouveaux médias et réseaux sociaux tels que Twitter se sont imposés comme de nouveaux outils politiques de lutte pour les antigouvernementaux et les gens de gauche », explique Chang Yeo-kyung, un militant. « Le gouvernement veut créer un effet de dissuasion pour empêcher les points de vue critiques de faire des émules. »

Cette accusation a valu au pays l’intérêt de quelques observateurs extérieurs: les Etats-Unis ont postulé qu’il était peut-être temps d’instaurer des scrutins publics et référendums en démocratie. Reporters Sans Frontières a quant à lui listé la Corée du Sud comme « pays sous surveillance », rejoignant ainsi la Russie, l’Egypte et d’autres nations connues pour leur intolérance à la dissidence.

Quant à ceux expliquant que la Corée du Sud ne cherchait qu’à éradiquer les commentaires semblant supporter la situation de la Corée du Nord, il fut rapidement objecté que « la censure est aussi concentrée sur les opinions politiques exprimées en ligne ».

Le gouvernement nie essayer d’étouffer les critiques et dit qu’il agit généralement après avoir été alerté par des concitoyens, certains s’appelant même « cybersheriffs ».

Dans une déclaration défendant sa politique, le gouvernement déclara ensuite agir de la sorte car « l’assassinat de personnalités et les suicides causés par des insultes excessives, la dispersion de fausses rumeurs et la diffamation sont devenus des problèmes d’ordre social ».

Mais le révérend Choi Byoung-sung, un opposant au régime gouvernemental et plus particulièrement à la politique environnementale de ce dernier, s’exclame que la liberté d’expression est bafouée.

« Ils brûlent une maison entière sous prétexte de tuer quelques puces », dit M. Choi, qui combattit la suppression de ses post sur son blog, blog prévenant des éventuels dangers pour la santé de ciment contenant des déchets industriels (il a gagné).

L’histoire d’amour de la Corée du Sud pour internet a porté ses fruits: le pays a à présent certains des serveurs les plus rapides au monde. Et c’est avec une grande fierté que les utilisateurs du métro de Seoul surfent sur internet avec leurs smartphones.

Mais avec tant d’avantages criants pour les affaires, vient l’inattendu: une multitude de défis imposées aux bonnes moeurs sociales. La peur de défier des supérieurs était si profondément ancrée que, lorsque les compagnies aréiennes de la Corée du Sud souffrirent d’un nombre anormalement élevé de crashs dans les années 1990, les enquêteurs ont souvent blâmé les copilotes pour leurs hésitations à désigner un pilote, même si une erreur pouvait avoir été évidente.

La distance et l’anonymat dans lesquels se drape la communication sur internet a balayé bon nombre de ces peurs. Tout à coup, des gens qui ne pouvaient jusqu’alors s’imaginer utiliser autre chose que des formules honorifiques à l’adresse de leurs supérieurs dans la hiérarchie social se laissèrent aller, critiquèrent leurs leaders via grivoiseries habituellement conservées pour les conversations entre amis. L’humiliation de ceux qui en font les frais est difficile à surestimer.

« Une emphase sans pareille est mise sur l’importance du maintien de la courtoisie publique », dit  Mme Chang.

Park Kyung-sin – l’un des seuls membres du conseil gouvernemental sur la régulation internet à avoir été nommé par l’opposition, ainsi qu’un ardent opposant aux politiques de cette dernière – explique que les membres de l’élite politique se sentent particulièrement menacés car ils se voient comme des « figures parentales ».

L’une des premières décisions que fit le conseil après l’entrée en fonction de M. Lee fut de « purifier la langue » utilisée contre M. Lee car, comme un commissaire dit plus tard, « il devrait être traité comme le père de la nation », « une extension de la famille ».

La suite demain!!

Source et traduction: nytimes.com

 

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